Délinquance : des enfants malades de leur éducation Aix-en-Provence Bouches-du-Rhône

Les témoignages de notre enquête crient la souffrance : celle des professionnels, des jeunes, de leurs parents. Mais ils montrent aussi la difficulté que tous éprouvent à situer l’origine de la délinquance. Or, pour un psychanalyste, la réponse est claire : la délinquance vient de l’éducation. Un délinquant, en effet, est quelqu’un qui porte atteinte aux personnes, aux biens ou aux mœurs. Par des actes qui sont toujours très graves car, quelle que soit leur importance réelle, ils mettent en cause le fonctionnement même de la vie sociale : on ne peut pas vivre si l’on est, tel un animal, à la merci des prédateurs.Pourquoi un délinquant n’arrive-t-il pas à intégrer l’ordre social ?

Entreprises Locales

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Bonassies Pierre
04 42 38 93 18
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Di Nardo Laurent Jean
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Gueukmen Marie
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Cardinale Marie Jesus
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square jean Marie Loustaunau
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Association Nationale Formation Automobile
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35 boulevard capit Gèze
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Conseil Formation Ingenierie Mediterra
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Ecole Modèle D'Electronique
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58 rue crottes
Marseille, Bouches-du-Rhône
Ifac
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Parce qu’il est resté la proie de ses pulsions et ne connaît d’autre boussole que son "bon plaisir". Parce qu’il n’a réussi ni à comprendre la loi sociale et son utilité – elle n’est pour lui qu’un désagréable obstacle à la jouissance –, ni à se construire des repères et des idéaux capables de l’aider à se mettre à lui-même des limites. A se dire par exemple : « Ce serait facile de prendre l’argent de cette vieille femme, mais je ne le ferai pas. Parce que si je faisais ça, je ne pourrais plus me regarder dans un miroir. »

Cette impossibilité n’est pas le fait d’une défaillance constitutionnelle, car la maîtrise de ses pulsions, la prise en compte des autres, la compréhension des règles morales et de la loi ne sont en rien naturelles et innées. Elles s’apprennent. Pas à pas. Par l’éducation. Eduquer un enfant ne consiste pas à faire du dressage, c’est-à-dire à le contraindre par la force, la peur ou quelque chantage affectif, à réprimer ses envies et à se soumettre. Il s’agit, au contraire, de lui permettre d’être acteur de sa propre "civilisation". Il faut qu’il comprenne les règles et les intériorise, mais soit surtout, au bout du compte, content de cette opération, conscient d’avoir, en renonçant au "bon plaisir", non pas perdu mais gagné ; d’avoir conquis le droit à des plaisirs jusque-là inconnus. Celui de l’échange avec les autres : « Depuis que je ne les frappe plus, mes copains ont envie de jouer avec moi » ; de la fierté de soi : « J’en ai bavé pour préparer ce contrôle mais j’ai eu 15 ! », etc.

Le rôle des parents est essentiel

L’enfant n’a pas besoin de leçons de morale mais d’une présence continuelle et vigilante dès son plus jeune âge et à propos des choses les plus infimes du quotidien. Les transgressions des enfants, en effet, portent toujours d’abord sur de petites choses. Et elles sont toujours pour eux une façon – inconsciente – d’interroger l’adulte sur les limites. Dès lors, si celui-ci ne dit mot (sous prétexte que l’enfant est encore petit ou la chose pas grave), il est supposé consentir. Or, consentir à ce qu’un enfant de 3 ans vole un œuf, c’est accepter qu’il vole un bœuf quand il sera devenu assez grand pour le faire…

La tâche des parents consiste donc à poser des limites claires, à en expliquer le sens, mais aussi à en exiger le respect et à sanctionner les transgressions. Mais l’éducation se fait aussi par l’exemple. L’enfant, en effet, prend pour modèle :

• La façon dont ses parents le traitent.

• La façon dont il les voit se conduire : un père qui se gare "sur les clous" et frappe le piéton qui proteste donne à son enfant une "leçon" inoubliable…

• Et – ce qui complique encore les choses – leur rapport inconscient aux limites. La fascination inconsciente d’un parent pour la transgression peut conduire son enfant à transgresser.
Il faut enfin noter le rôle essentiel du père, dont les témoignages soulignent l’absence. Il est celui qui vient en tiers entre la mère et son enfant, l’autorité à laquelle elle peut faire appel pour régler les conflits avec lui, et ce recours est fondamental. C’est lui qui initie l’enfant au fonctionnement de la société. Car, comme le père, la loi s’interpose entre les individus et leur permet de régler leurs différends autrement que par la force. 

Défaillances parentales et problèmes sociaux

Pour des raisons qui tiennent toujours à leur histoire personnelle, de nombreux parents ne parviennent pas à faire ce travail d’éducation de leur enfant. Leurs défaillances sont toujours lourdes de conséquences, et le sont plus encore dans les milieux défavorisés, où les problèmes sociaux s’additionnent à elles et en décuplent les effets.

Il n’est pas facile pour un enfant de se construire avec, pour seuls modèles, le chômage, l’exclusion et l’humiliation des deux générations qui le précèdent. De comprendre l’intérêt des limites s’il ne connaît que celles, injustes, qu’impose la pénurie.

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