Les questions dérangeantes des enfants Aix-en-Provence Bouches-du-Rhône

Dis, papa, c’est quoi cette bouteille de lait ? " Le père plongé dans son journal restant sourd à sa question, l’enfant se fait de plus en plus insistant. Il la répète, puis la répète encore, pour s’interrompre brusquement et, tout à trac, cracher comme dans un souffle : " Dis papa, comment on fait les bébés ? " Brutalement réveillé, le père sursaute et se précipite sur la bouteille de lait pour s’accrocher à elle et… en indiquer la provenance. Si ce spot télévisé est en passe de devenir un classique, c’est qu’il parle juste. Il montre en effet deux choses fondamentales. La première, c’est qu’une question d’un enfant peut toujours en cacher une autre. Que, derrière l’interrogation la plus apparemment innocente, le diable peut toujours pointer son museau… La seconde, c’est la panique qu’engendrent chez les parents certaines questions de leurs enfants. Cette panique, les parents la supportent en général assez mal. Ils en ont honte, parce qu’ils sont persuadés que d’autres

Entreprises Locales

(Les données locales ci-après sont fournises par toutlocal.fr.)

Bébé 9
04-91-49-74-00
Espace Montaigne 15 rue Montaigne
Marseille, Bouches-du-Rhône
Du Pareil au Même (D.P.A.M)
04-91-54-43-50
7 rue Grignan
Marseille, Bouches-du-Rhône
Arcade Assistances Services
04-42-26-11-11
2 rue des Chartreux
Aix en Provence, Bouches-du-Rhône
Home Services
0-810-116-090
72 avenue de Lattre de Tassigny
Aix en Provence, Bouches-du-Rhône
Dolce Casa Services
04-91-93-54-75
7 rue Gaston de Flotte Actipole 12
Marseille, Bouches-du-Rhône
Agnès B
04-96-11-04-50
31 cours Honoré d'Estienne d'Orves
Marseille, Bouches-du-Rhône
Coquins Coquines
04-91-47-05-47
165 boulevard Chave
Marseille, Bouches-du-Rhône
Agnès B
04-42-38-44-87
2 rue Fernand Dol
Aix-en-Provence, Bouches-du-Rhône
AXEO Services
04-42-63-32-11
48 Bisboulevard Aristide Briand
Aix en Provence, Bouches-du-Rhône
L'Ilot Bébé
04-42-21-11-32
3110 route d'Avignon rn 7 Celony Passage à niveau de la Calade
Aix en Provence, Bouches-du-Rhône

Contenu fourni par:

Certaines questions sont objectivement difficiles ou délicates. De plus, on le sait, les enfants ont le génie de venir toujours frapper la vérité au cœur : " Dis papa, tu l’aimais, toi, ta mère ? " Ou de contraindre les adultes à " démonter " tout ce à quoi, pour ne plus avoir à l’interroger, ils avaient fini par donner le statut d’" évidences " : " Pourquoi, après le jour, il y a toujours la nuit ? " Etre désarçonné par les questions de ses enfants est donc un désagrément auquel nul parent n’échappe…

" Pourquoi les filles, elles n’ont pas de zizi ?”

En tête du hit-parade des questions qui donnent aux parents l’envie de fuir, on trouve évidemment celles qui touchent au sexe. Dans ce domaine, en effet, les enfants mettent les adultes en difficulté parce qu’ils les obligent à mettre des mots sur des choses qu’ils ont du mal à dire et, même, à " se dire ", car elles sont, objectivement, difficilement " dicibles ".

Et le sont plus encore quand l’interlocuteur est un enfant. Car transmettre à un enfant, de façon " humanisante ", les choses du sexe implique que les mots, tout en étant précis, restent pudiques. Des mots trop " directs " lui seraient, en effet, préjudiciables. Soit parce que, le mettant face à un dévoilement brutal et traumatisant, ils ne lui laisseraient pas l’espace nécessaire à une élaboration subjective. Soit parce que, porteurs d’une charge érotique intense, ils risqueraient de lui imposer les fantasmes de l’adulte en lui volant sa propre possibilité de fantasmer.

Les mots de l’adulte doivent donc nommer " assez " pour que l’enfant " sache ", mais " pas trop " pour qu’il puisse continuer à " se faire son idée ". A faire, à son rythme à lui, la route qui est la sienne.

Cette nécessité d’un " parler sans violence " qui respecte la subjectivité de l’enfant, l’adulte la ressent souvent intuitivement. Et souvent à partir de ce dont lui-même a souffert autrefois. Elle l’angoisse et l’inhibe : comment parler ? Jusqu’où parler ? Il a du mal à trouver le " bon registre " et oscille entre deux pôles. Celui du discours pseudo-scientifique et " chosifiant ", qui lui donne l’illusion de pouvoir mettre " les monstres " à distance. Et celui de l’érotisme – voire de la pornographie – ou, a minima, d’une désinvolture qui se veut complice, mais n’est, elle aussi, que conjuratoire.

Répondre aux questions des enfants sur le sexe est donc un problème pour tout le monde… Et c’est souvent d’ailleurs à l’occasion de discussions avec leurs enfants, et en prenant conscience de leur propre désarroi, que les adultes en analyse découvrent l’abîme de silence dans lequel, enfants, on les a fait vivre. Et la difficulté qu’ils ont, de ce fait, devenus adultes, à parler de la sexualité. Enfin, difficulté supplémentaire pour les adultes, les questions de leurs enfants les renvoient bien souvent à leurs propres blessures inconscientes. Ainsi, confrontées à la question de leur petit garçon – " Pourquoi les filles elles n’ont pas de zizi ? " –, certaines mères racontent qu’elles sont restées coites. Comme si, véritablement, elles " ne savaient pas ". Et comprennent souvent, après coup, que la question de leur enfant a, pour elles, annulé le temps. Que, soudain dépouillée de ses oripeaux d’adulte, la petite fille en elles est réapparue. Avec son désarroi d’enfant laissée seule, en proie à ses interrogations et à son vertige devant l’énigme du sexe.

“Est-ce que je vais mourir, moi aussi ?”

Sur le plan de la difficulté à être mise en mots, la mort est logée à la même enseigne que le sexe, et pour des raisons similaires. Dire à un enfant que la mort existe, c’est, en effet, lui dire que l’on est mortel, qu’il est mortel et que tous ceux qu’il aime le sont également. Et c’est aussi se dire, ou se redire à soi-même, une vérité que l’on n’a pas forcément envie d’entendre. Ce n’est donc simple pour personne. Et pourtant, dans le rapport de l’enfant à la mort, il y a toujours une " première fois ", un jour où, après être passé cent fois, sans mot dire, devant des scarabées écrasés sur des routes de campagne, la mort tout à coup fait sens pour lui. Et il interroge : " Qu’est-ce qu’il a le scarabée, maman ? Pourquoi il bouge plus ? "

Si l’adulte a du mal à répondre, ce n’est pas seulement parce qu’il craint d’effrayer l’enfant, mais pour des raisons plus personnelles. L’idée de la mort est, en effet, lourde d’évocations inconscientes. Elle est d’abord, pour chacun de nous, la métaphore – le symbole – de toutes les pertes et de tous les abandons : " Partir c’est mourir un peu. " Mais elle renvoie aussi chacun à la question de sa " place ". La façon dont on supporte l’idée de la mort dépend, en effet, du sens que l’on peut ou non lui donner. Et ce sens, à son tour, dépend de la façon dont, dans son histoire, on a été inscrit dans la succession des générations. Pour certains, l’idée de la mort est insupportable. Elle représente le non-sens absolu parce qu’elle est synonyme de " plus rien ".

D’autres, au contraire, réussissent à l’apprivoiser parce qu’ils ont pu apprendre dans leur histoire que, comme dans la nature – le fruit naît de la mort de la fleur – il y a, chez les humains, une continuité. Qu’une génération disparaît pour qu’une autre lui succède et reprenne son acquis pour le mener plus loin.

Comment l’ont-ils appris ? Par les paroles de leurs aînés, mais surtout en voyant dès leur enfance, s’effectuer la transmission d’une génération à l’autre. De leurs grands-parents à leurs parents, et de leurs parents à eux-mêmes. Chacun acceptant de changer de place pour que l’autre trouve la sienne. Voir la mort s’inscrire dans un ordre " normal " des choses permet de lui rendre un visage plus " humain ", de comprendre qu’elle n’est pas synonyme de " rien ". Qu’elle fait, certes, disparaître à jamais les êtres chers, mais que leur mémoire demeure dans la tête des vivants.

Lire d'autres articles sur le site de Psychologies

Voir Aussi
- Enfants : leur apprendre à nous quitter Aix-en-Provence Bouches-du-Rhône
Comment, ne pas s’apitoyer sur le sort de ce couple dont la vie est gâchée par un grand benêt de fils qui refuse, malgré un âge avancé, de quitter le cocon familial ? On aurait tort, cependant, de s’en tenir à la compassion, car plaindre ces pauvres parents conduit à désigner Tanguy comme le seul responsable de la situation et à n’expliquer cette dernière que par son "caractère", sa mauvaise volonté ou quelque pathologie particulière. Or, il ne s’agit en rien de tout cela car – un psychanalyste peut l’affirmer – l’impossibilité de quitter ses parents à l’âge adulte n’est jamais affaire de "constitution" mais d’éducation. Ce symptôme est toujours le signe que son histoire n’a pas permis à l’intéressé d’accéder aux deux choses qui rendent possible, à l’âge requis, l’envol hors du nid familial. Elle ne lui a pas appris à supporter les séparations et elle ne l’a pas suffisamment armé pour qu’il se sente capable d’affronter, seul, la vie adulte.
- Enseigner la politesse aux enfants Aix-en-Provence Bouches-du-Rhône
- Enfants, leur apprendre le oui et le non Aix-en-Provence Bouches-du-Rhône
- Famille : dur dur d'être le chouchou Aix-en-Provence Bouches-du-Rhône
- Enfants, ados : les clés de l'équilibre Aix-en-Provence Bouches-du-Rhône
- Ados et alcool : Quand s'inquiéter ? Aix-en-Provence Bouches-du-Rhône
- La thérapie familiale "systémique" Aix-en-Provence Bouches-du-Rhône
- Enfants: Une sécurité intérieure à faire grandir Aix-en-Provence Bouches-du-Rhône
- Enseigner la politesse aux enfants Aix-en-Provence Bouches-du-Rhône